Cette histoire aurait certainement mérité une suite, mais elle date, voici trois ans je l?écrivais, et depuis ?
Je m?envole aujourd?hui pour New York, vous abandonne pour quelques temps, peu de temps, j?espère vous retrouver à mon retour?
Je vous embrasse
Dominique alias Mystérieuse

Elle s?était longtemps perdue en réflexions dans ce train corail qui l?emportait solitaire vers Venise.
Elle avait pourtant tout organisé, longtemps avant la date, pour faire une surprise à son mari.
Fêter la saint Valentin à Venise pendant le carnaval n?était pas anodin, et Carla d?origine italienne en rêvait depuis bien longtemps.
Peut être serait-ce là la meilleure occasion d?apaiser les orages qui éclataient entre eux de plus en plus souvent.
Elle avait tout réglé dans les moindres détails, jusqu?à la location d?un appartement qui les accueillerait le temps d?une lune de miel !
Mais tout son univers s?était effondré quand elle lui avait délicieusement annoncé, un sourire angélique sur les lèvres
« Nous partons demain vers 14 heures, ne me demandes pas où c?est une surprise ! »
Avec le peu d?égard et de diplomatie qui n?appartenait qu?à lui, il avait refusé toute possibilité de départ où que ce soit !
« Tu es folle, pas en ce moment, je ne peux m?absenter, trop de boulot, trop d?emmerdes et puis si tu crois que... »
Sa voix s?était perdue, elle ne l?avait plus écouté, de peur d?entendre les mots qui l?auraient faite tomber dans une colère noire...
Elle n?avait plus rien entendu sauf la fin de la discussion, ces quelques mots qui l?avaient conduites au fond de ce train juste accompagnée d?elle-même.
Quand elle avait découvert l?appartement qu?elle avait loué pour la circonstance, elle avait regretté un instant qu?il ne soit pas venu avec elle, mais avait bien vite oublié en se jurant qu?elle allait tout faire pour profiter au maximum de l?ambiance vénitienne.
Elle avait particulièrement adoré l? »altana », cette adorable petite terrasse sur le toit de laquelle elle avait une vue panoramique sur les toits de Venise.
Avec une infinie précaution, elle avait défait ses bagages desquels elle avait retiré en priorité la merveilleuse cape qu?elle avait amenée pour l?occasion et le loup si symbolique des nuits vénitiennes.
A vrai dire ses intentions, compte tenu de l?absence de son compagnon s?étaient faites soudain plus lubriques à la seule pensée des bacchanales qui se déroulaient autrefois dans les vieux palais.
L?air était curieusement doux en cette saison et elle s?était allongée un instant sur un transat accueillant qui décorait l? « altana »
Etait ce sa solitude ou un désir soudain de succomber à sa lubricité, elle avait laissé ses mains s?égarer sous ses jupes, les avaient laissé courir sur ses seins tous désorientés par une fraîcheur naissante à la tombée de la nuit.
Cette ambiance particulière avait éveillé en Carla des désirs inconnus jusqu?ici.
Elle s?était caressée les bouts de seins, avait parcouru avec délicatesse, la rondeur de sa poitrine, tout en fermant les yeux. Une pluie fine s?était mise à tomber et avait réveillé les parfums mélangés de la lagune et des commerces environnants.
L?instant était magique, elle aurait pu se perdre en jouissance solitaire, mais elle avait préféré s?évader autrement.
S?habillant à la hâte d?une chemise blanche et d?un tailleur pantalon, elle avait quitté l?appartement pour découvrir Venise.
Elle s?était baladée seule, longtemps au milieu des ruelles, des grandes places, croisant ici et là vénitiens et touristes, dans un calme particulier qu?elle n?avait jamais ressenti auparavant.
En traversant le campo San Stefano, elle avait senti une main effleurer sa poche, elle s?était retournée, mais n?avait vu personne. Elle avait continué son périple improvisé, mais la pluie l?avait contrainte à prendre le chemin du retour.
Elle s?était égarée à plusieurs reprises dans des ruelles plongées dans une obscurité troublante. Elle était finalement rentrée tard, et lorsqu?elle s?était déshabillée, un papier rouge, auquel elle n?avait pas prêté attention, avait glissé de sa poche.
Epuisée par le voyage et sa balade nocturne. Elle s?était glissée sous les draps et s?était endormie presque instantanément.
C?est une lumière douce et diffuse qui l?avait accueillie au matin. La pluie avait cessé, un soleil encore tiède baignait la pièce d?une atmosphère tranquille. Il était aux environs de 11 heures, et elle s?était aventurée à prendre son café sur la terrasse juste vêtue d?une légère lingerie sans se soucier des regards indiscrets qui auraient pu croiser son corps alangui au soleil.
Seuls quelques pigeons avaient été témoin de ce duel au soleil.
De l? »altana » elle avait aperçu le papier griffonné de couleur rouge et, interpellée, s?était précipitée dans la pièce pour le ramasser.
Ce n?était ni plus ni moins qu?une invitation des plus surprenantes, une invitation à la débauche, un rendez vous amoureux et coquin dans une ruelle perdue non loin de La Piazzetta.
Dans un premier temps l?audacieuse invitation l?avait faite sourire, puis elle avait soudain eu envie de se rendre à ce rendez-vous pour le moins mystérieux.
« Vous serez juste vêtue d?une cape de velours sur votre lingerie, d?un loup et d?une touche de parfum au creux de votre épaule, il y a à Venise des lieux que vous devez découvrir avec moi »
Bizarrement, il lui était impossible de résister à cet appel troublant, qui allait, elle en était convaincue, l?entraîner dans un monde sans barrières.
Elle s?imaginait déjà conviée à de folles agapes charnelles dans un Palais Vénitien au sols jonchés de coussins de soie et de brocart aux couleurs envoûtantes, peuplé d?hommes à l?allure imposante, costumés de noir et d?or et de femmes aux seins lourds et poudrés échappés de très larges décolletés.
Cette dérive exquise de son imaginaire, avait éveillé en elle des désirs inconnus. Elle était dans un état inhabituel qui l?avait conduite à des caresses intimes, et l?odeur de son désir qui s?échappait de son sexe, avait étrangement exacerbé tous ses sens.
Ecartant ses cuisses, elle avait plongé dans son sexe frissonnant découvrant que son imaginaire venait de faire de bien beaux ravages. Son nectar s?épanchait le long de ses jambes, elle en avait goûté la saveur sur ses doigts .Et là, elle avait subitement eu envie de ce corps inconnu, de son goût, de son odeur....
Elle avait décidé qu?elle irait au rendez-vous mystérieux !
C?est avec une grande impatience qu?elle avait attendu la tombée de la nuit, complètement subjuguée par ce rendez-vous étrange.
L?idée, que traverser Venise à moitié nue sous sa cape pouvait s?avérer audacieux, voir même dangereux, ne l?avait même pas effleuré.
Avec un soin très particulier, elle s?était fait couler un bain et avait procédé à une toilette presque rituelle. Elle imaginait déjà la scène qui rendrait cette nuit vénitienne innoubliable.Son corps en frissonnait d?avance.
« Vous serez juste vêtue d?une cape de velours sur votre lingerie... », Cette phrase défilait devant ses yeux comme un leitmotiv
Maquillée, embaumée, parfumée juste au creux de l?épaule selon le souhait du mystérieux auteur de l?invitation, elle avait omis volontairement toute lingerie superficielle, pour ne revêtir qu?une simple paire de bas sous la chatoyante cape aux reflets pourpres.
C?est ainsi vêtue qu?elle avait couru vers un rendez vous aussi mystérieux qu?excitant.
Lorsqu?elle était montée à bord de la gondole, elle avait craint un instant, que sa nudité ne soit soupçonnée par le jeune gondolier qui l?avait aidée à s?installer.
Sa cape jetée sur son corps nu avait eu pour effet d?exacerber son désir et son excitation, et enveloppée dans le tissu, son regard caché sous le masque, elle s?était sentie offerte et libérée de tous tabous.
En peu de temps, elle était arrivée à destination
« Signorina, c?est ici »
Il l?avait déposée au pied d?un grand Palais de style gothique aux vieux murs délabrés.
Plus que quelques marches la séparaient de son aventure, et à cette seule pensée le rythme de son c?ur s?était accéléré. Il était encore temps de renoncer, cette idée avait effleuré son esprit une fraction de seconde !
D?une démarche peu assurée, elle avait gravi les quelques marches envahies d?algues sous une pluie fine
« Bonne soirée, Signorina »
D?un geste de la main discret elle l?avait remercié et s?était éloignée dans les ruelles sombres.
Elle avait couru d?un pas léger, au risque de glisser, pour essayer de passer entre les gouttes.
Dans sa course, sa cape s?était légèrement entrouverte, laissant apparaître un bout de son sein. Les ruelles étaient désertes, et ce dévoilage involontaire l?avait faite sourire.
Elle s?était arrêtée un instant, pour réajuster le tissu de velours et ne rien dévoiler de sa nudité cachée.
La sous la pluie fine, presque inconsciemment, elle avait écarté ses cuisses, glissé ses doigts sur son sexe, et les avait portés à ses lèvres.
Ils étaient humides, délicieusement humide !
Cette obscurité troublante, la situation, tout en elle, avait provoqué une excitation peu commune.
Poursuivant son chemin dans un calme absolu, à la recherche de la dite ruelle, elle avait paniqué un instant !
Et s?il ne venait pas !
Son inquiétude s?était vite évaporée !
Une main inconnue et virile s?était glissée sous sa cape, saisissant la chair de ses fesses avec violence. Cette approche torride loin de l?apeurer, l?avait faite succomber à son excitation.
L?homme avait arraché sa cape et avait promené ses ses lèvres de son cou à ses reins.
Elle s?était sentie offerte à cet homme et avait même imaginé un instant des regards masculins assisté à la scène. Cette seule vision avait fait naître en elle une envie impudique de baise.
Tous les gestes, les caresses qu?avec ardeur il lui avait données étaient enrobés d?un inquiétant silence. Pas un mot ne s?était échappé de sa bouche, juste un souffle court qui effleurait sa peau et des doigts agiles qui fouillaient son sexe.
Il l?avait plaquée contre le vieux mur délabré et obligée à se cambrer pour mieux en apprécier les courbes. Soumise à ses caprices, elle s?était laissée guidée, puis submergée par ses désirs.
Dans cette ruelle déserte, ce cul haut et rond, à peine éclairé par une lumière blafarde et chancelante au travers des gouttelettes de pluie, qui bougeait outrageusement, avait éveillé en lui les vices de sa virilité.
Il n?avait plus aucune envie de prendre des précautions avec cette femme offerte qui frottait ses seins contre les pierres humides et lisses de la bâtisse témoin de leur désir.
Les gémissements de Carla s?étaient perdus dans le silence de la nuit vénitienne.
Enveloppant à nouveau cette femme désorientée par le plaisir et la magie de Venise, il l?avait entraînée plus loin.
Se retournant enfin, elle n?avait découvert de l?inconnu qu?une grande silhouette de noir vêtue et un visage masqué habillé de dorure.
Elle l?avait suivi sans mot dire !
© 2007 Mystérieuse